Un contrat de rivière eau et climat pour le Buëch
Un programme d’actions pour la rivière labellisé par l’Agence de l’eau
Signé en septembre 2008, le premier contrat de rivière « Buëch vivant Buëch à vivre » s’est achevé en 2017. Pierre fondatrice de l’action du SMIGIBA, il a permis des avancées significatives en termes d’amélioration de l’épuration des eaux usées. Il a inauguré le programme de restauration et d’entretien de la ripisylve du Buëch et de ses affluents, toujours d’actualité. Il a permis la mise en œuvre de travaux de franchissabilité des seuils et d’entretien des adoux. Il a initié l’étude de l’état des ouvrages de protection des biens et des personnes, travail qui a abouti au lancement du PAPI du Buëch (programme d’actions de prévention contre les inondations).
Fin 2022, après avoir tiré le bilan du premier contrat de rivière, le SMIGIBA s’est lancé dans l’élaboration d’un second contrat de rivière pour la période 2026 – 2031. Aujourd’hui, suite au transfert de la compétence GEMAPI par les communautés de communes au SMIGIBA et face aux effets du changement climatique, le contexte a évolué : on parle désormais d’un contrat de rivière eau et climat, pour prendre en compte ces nouveaux paramètres, tout en poursuivant le travail de gestion des milieux aquatiques initié lors du premier contrat de rivière.
Labellisé par l’Agence de l’eau début mai 2026, le contrat de rivière eau et climat du Buëch est désormais opérationnel pour sa phase 2026-2028.

Des objectifs clairs
La déclinaison de la compétence GEMAPI
Le contrat de rivière eau et climat s’inscrit dans la compétence GEMAPI exercée par le SMIGIBA. Il s’articule autour de plusieurs objectifs :
Un programme d’actions ambitieux et réaliste
Le contrat rivière eau et climat du Buëch va être mis en œuvre entre 2026 et 2031. Pour la première phase 2026-2028, 77 actions sont prévues, pour un montant total de 13 millions d’euros.
Le programme d’action s’organise en 6 volets traitant de la ressource en eau, de la qualité des eaux, de la restauration morphologique des cours d’eau, de la gestion des milieux naturels, de la gouvernance et enfin de la sensibilisation et de la communication. Voici quelques unes des actions phares pour chacun de ces volets.
Préserver la ressource en eau et accompagner une gestion partagée des usages :

Poursuivre le suivi de la qualité des eaux et prévenir la dégradation

Restaurer les cours d’eau pour mieux gérer les risques naturels

Protéger et restaurer la biodiversité du Buëch et de ses affluents :

Approfondir la gouvernance locale et renouveler la concertation

Amplifier la sensibilisation aux milieux aquatiques

Un programme sous le signe du changement climatique
Le changement climatique à l’œuvre sur le territoire
Sur les Baronnies provençales (qui recoupent le bassin versant du Buëch sur sa partie sud-ouest), en se basant sur les scénarios socio-économiques RCP 4.5 dits “intermédiaires” développés par le GIEC, il est anticipé par le GREC Sud :
- une multiplication par 4 du nombre de jours par an en vague de chaleur en moyenne ;
- une diminution de 30% des jours de gel ;
- une tendance à la diminution des précipitations estivales jusqu’à 50%.
Toutes les composantes du cycle de l’eau seront affectées, aboutissant à :
- une sécheresse estivale plus sévère ;
- une diminution des débits de surface ;
- une modification du régime hydrologique ;
- une augmentation du nombre de jours d’assec ;
- une augmentation de la température de l’eau ;
- une diminution du niveau des eaux souterraines ;
- une augmentation du risque de crues.

Un programme d’actions entre atténuation et adaptation au changement climatique
S’il est difficile de proposer des actions d’atténuation du changement climatique dans le cadre de la gestion des milieux aquatiques, on peut espérer que les actions en faveur de la préservation des zones humides et de la ripisylve contribuent – modestement- au stockage du carbone sur le territoire.
Une grande partie des actions prévues au contrat de rivière intègre l’adaptation au changement climatique : le suivi des débits en période estivale, l’étude des eaux souterraines du Petit Buëch, le plan territorial de gestion de l’eau et la prospective des usages à l’horizon 2050, les actions de restauration morphologique du cours d’eau, les études de la trajectoire morphologique du Buëch, les actions de décloisonnement des milieux aquatiques, sont pensées dans un contexte de changement climatique.
Une concertation au long cours
Près de 3 années de concertation ont été nécessaires. 4 comités de rivière ont été consacrés à l’élaboration du dossier, avec des discussions en séance plénière et des ateliers de travail thématiques. Des dizaines de rencontres bilatérales avec les acteurs du territoire impliqués dans la gestion des cours d’eau, près d’une vingtaine de comités techniques, la sollicitation répétée de toutes les communes du bassin versant a permis d’aboutir à un programme de 77 actions portées par près de 25 maîtres d’ouvrage différents.
Une synergie avec le PAPI du Buëch
Une pièce du puzzle territorial
Comme nous aimons le répéter, le contrat de rivière eau et climat du Buëch est une pièce du puzzle territorial. Il a été conçu en synergie avec de nombreux programmes, en premier lieu le SDAGE Rhône Méditerranée et son programme opérationnel territorial. Mais il répond également aux attentes locales du plan eau national, des assises de l’eau des Hautes Alpes, des SCOT en cours d’élaboration (pour le Sisteronais Buëch) ou de révision (pour le gapençais – Buëch Dévoluy).
Le contrat a bien entendu été conçu en partenariat avec l’animation des sites natura 2000 du marais de Manteyer, du Buëch et des gorges de la Méouge. L’élaboration préalable du plan de gestion stratégie des zones humides du Buëch (PGSZH) en est l’exemple le plus tangible. Près d’une dizaine d’actions préconisées dans ce PGSZH ont été reprises dans le programme d’action du contrat.
Contrat rivière eau et climat et PAPI : deux facettes d’une même compétence
Enfin si l’on parle de synergie, comment ne pas mentionner le PAPI complet du Buëch ? Si le contrat de rivière eau et climat est la pierre angulaire de l’action du SMIGIBA en faveur de la gestion des milieux aquatiques (compétence GEMA), le PAPI complet du Buëch est la clé de voûte de l’action du SMIGIBA pour la protection contre les inondations (compétence PI). Ces deux programmes sont donc les deux facettes d’une même compétence, la compétence GEMAPI, au cœur de l’action du SMIGIBA.
Le PAPI complet du Buëch succède au PAPI d’intention. Il est en cours de finalisation par l’équipe du SMIGIBA et sera déposé auprès des services de l’état pour instruction au mois d’avril. Il sera mis en œuvre sur 6 ans, sur la même période que le contrat. Les deux programmes ont été pensés et conçus conjointement, ils seront animés par la même équipe technique et sont tous les deux supervisés par le comité de rivière du Buëch.
Les actions de restauration morphologique des cours d’eau, que ce soit l’aménagement de la traversée de la Faurie par le Grand, de la Roche des Arnauds par le Petit Buëch ou de Laragne par la Véragne, sont inscrites dans les deux programmes.
Les actions de communication et de sensibilisation sont en grande partie communes, depuis les programmes de sensibilisation de tous les publics à l’étude socio-historique du Buëch.
Consultez le contrat de rivière eau et climat du Buëch
Télécharger le document tel qu’il a été validé par l’Agence de l’eau :
