
Cet automne, nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir une délégation de scientifiques québécois. Accompagnée par André Évette, chercheur à INRAE sur la thématique du génie végétal en rivière et par des membres de l’Association Rivière Rhône-Alpes, cette délégation a visité plusieurs sites d’érosion sur lesquels le SMIGIBA est intervenu.
Retour en photos et en vidéo sur cette journée et sur le séjour de la délégation québécoise en France, avec les précisions de Monique Poulin, professeure titulaire au département de phytologie de l’Université Laval à Québec.
Une délégation québécoise à la découverte du Buëch
Une journée d’échanges internationaux organisée par l’association rivière Rhône Alpes Auvergne
Nul n’est prophète en son pays. Alors qu’il est parfois difficile de faire reconnaître l’intérêt des protections de berges rustiques, réalisées à l’aide des matériaux collectés sur place, nous avons eu le bonheur de présenter plusieurs de nos chantiers à une joyeuse délégation composée de scientifiques québécois (la « Mission Grenoble », voir ci-dessous), accompagnés par André Évette, chercheur à INRAE spécialisé dans le génie végétal, ainsi qu’à une dizaine de membres de l’association rivière Rhône-Alpes Auvergne (ingénieurs·res en bureau d’étude, chargés·ées de mission en collectivité, etc.).
Après un accueil sur la place de Lus la Croix Haute par Julien Biguet, directeur de l’Association Rivière Rhône-Alpes Auvergne, Antoine a présenté la protection réalisée il y a presque 15 ans sur le Grand Buëch, à l’aval du hameau de Trabuëch. Cette protection avait été réalisée en pieux battus et câblés, dans l’espoir de stabiliser la berge et de prévenir l’érosion d’un chemin rural. Cette protection n’a pas résisté à la succession des crues du Grand Buëch. Mais comme l’a souligné André Évette, il est tout aussi important de revenir sur les chantiers qui n’ont pas fonctionné que sur les chantiers réussis. Il y a souvent beaucoup à apprendre d’un échec.
Le deuxième arrêt nous a conduit à la Faurie, dans la plaine de la Valette, à la découverte d’une protection réussie cette fois-ci ! L’érosion en rive gauche du chemin rural et de la terre agricole à l’arrière a été stoppée grâce à une protection rustique faite à partir de gros bois câblés et noyés sous les alluvions. Si la conception et la direction technique de l’opération a été assurée par le SMIGIBA, c’est l’agriculteur exploitant les terres érodées qui a réalisé lui-même les travaux.
La journée s’est conclue sur le Buëch aval, sur la commune de Ribiers. Sur le secteur concerné, à l’aval de la confluence avec le torrent de Saint Aubert, le SMIGIBA est intervenu à plusieurs reprises (vous pouvez lire le paragraphe « Ribiers » de cet article qui synthétise 5 ans d’interventions sur ce secteur). Il s’agit ici de protéger de l’érosion l’ancienne décharge de Ribiers, en appliquant ici aussi la technique des bois morts câblés et enfouis sous les alluvions. On devine sur la dernière photo de la galerie ci-dessous les saules qui repoussent petit à petit sur la protection.
Une journée riche de partage et d’échanges techniques, les pieds dans la rivière, qui a permis de nous rendre compte que les problèmes sont pour beaucoup les mêmes sur les rivières québécoises, qui ont pourtant peu en commun avec nos rivières alpines. Les solutions développées et les approches peuvent elles être assez différentes et constituer une source d’inspiration. Bref, à quand une délégation buëchoise en terres québécoises ?








La mission Grenoble, présentation et résumé vidéo
Monique Poulin, professeure titulaire au département de phytologie de l’Université Laval à Québec
Le ministère des relations internationales et de la francophonie du Québec (en association avec le ministère des affaires étrangères en France) finance des missions entre le Québec et la France pour soutenir les projets d’intérêts communs issus d’initiatives régionales. Le financement s’inscrit dans un programme appelé le Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée (FFQCD) et vise ainsi à favoriser la valorisation des savoirs des communautés locales mais également à contribuer au rayonnement national et international des régions, villes, municipalités et collectivités. Le programme vise aussi à améliorer les services aux citoyens et aux entreprises et à développer des réseaux internationaux de collaboration.
La mission portée par la chercheuse Monique Poulin (Université Laval, Québec) à l’automne dernier dans la région de Grenoble visait à stimuler les échanges entre scientifiques, experts praticiens et gestionnaires quant à leurs savoirs dans le domaine de l’écologie de la restauration des milieux humides et hydriques. Ainsi, un groupe de 10 personnes du Québec, accueillis et guidés par André Évette et son équipe, ont visité une dizaine de chantiers terminés. Ils ont pu échanger sur les apprentissages techniques et la gouvernance des projets de restauration. Au fil de la mission, les échanges ont bâti des liens et fait naître plusieurs idées pour améliorer la gestion des milieux humides et hydriques sur les deux territoires.
La vidéo témoigne de l’esprit et du dynamisme de la mission et en résume les grandes lignes.



