La campagne annuelle d’entretien de la végétation du Buëch et de ses affluents bat son plein. Camille nous présente l’acte I de ces travaux.
ACTE I, scène 1
Travaux & Environnement, Cyril Ruhl & Camille L’Hutereau
Le torrent est quasiment à sec, il fait froid mais beau. Devant les personnages qui se saluent, le Beauchêne est illuminé par le soleil d’hiver.
TRAVAUX & ENVIRONNEMENT : Merci d’avoir choisi notre entreprise pour la mise en place de cette nouvelle campagne d’entretien des ripisylves. Cette année, nous mobilisons majoritairement une équipe à pied et des engins forestiers ou agricoles spécifiques en fonction des secteurs. Sur les élagages, ce sont nos élagueurs-grimpeurs qui prendront le relai.
CYRIL RUHL : Merci beaucoup pour ces informations. Comme chaque année, l’objectif du SMIGIBA est d’intervenir sur des secteurs aux problématiques diversifiées afin de s’assurer que la végétation bordant les cours d’eau ne joue pas de mauvais rôle en cas de crue ou au cours de la vie des ruisseaux, torrents et autres rivières. Les enjeux sont constants : prévenir la création d’un embâcle ou l’effondrement d’une berge, ouvrir le couvert aux alentours des ponts pour en facilité l’osculation, proposer quelques cheminements préférentiels pour les pêcheurs sur les cours d’eau piscicoles, … Comme tous les ans, cet exercice se fait en deux phases, mais cette année, je suis accompagné d’une nouvelle tête ! Je vous présente Camille L’Hutereau, ma nouvelle collègue et binôme de rivière !
CAMILLE L’HUTEREAU : Bonjour ! Merci Cyril pour l’introduction ! Et je dirais même qu’il y a trois phases en réalité pour ces campagnes d’entretien ! La première commence au printemps : il faut choisir les tronçons de cours d’eau qui seront ciblés en entretien à l’automne-hiver suivant. Ensuite, une fois l’automne bien installé, l’entreprise recrutée et l’eau coulée sous les ponts, la seconde phase démarre : le marquage ! On marche tout le linéaire de cours d’eau pour marquer chaque arbre qui doit faire l’objet d’un entretien. Ainsi, on intervient au cas par cas, en fonction des spécificités de chaque rivière, des demandes faites par les riverains, ou encore des événements hydrologiques…
TRAVAUX & ENVIRONNEMENT, regardant sa montre : Et d’ailleurs, je vous propose qu’on commence le marquage ! Parce que c’est joli le Beauchêne, mais on se caille quand même un peu…
Les trois personnages armés de bombes de peinture fluo se mettent en mouvement en direction du torrent de l’Eycharenne, le premier cours d’eau ciblé par l’entretien 2025-2026.
ACTE I, scène 2
Cyril Ruhl et Camille L’Hutereau
Le torrent coule joyeusement, il fait froid et gris. La voiture des personnages est en bas de la pente, les deux techniciens grimpent la petite côte qui les emmène à un secteur précis de l’Eycharenne. Les petits chemins du Beauchêne sont trop humides et glissants pour monter sans 4 roues motrices. Soudain, alors que la ripisylve semble être la même partout, les deux acolytes bifurquent sans aucune hésitation et s’enfoncent dans le cœur du cours d’eau. Ils arrivent au pied d’un espace qui portent les traces d’un passage récent de forestiers.
CYRIL RUHL : Ah nous y voilà ! Regarde comme le chenal est bien dégagé !
CAMILLE L’HUTEREAU : Oui, ça fait une sacrée différence… Mais peut être qu’une image vaut mieux que mille mots, qu’en penses-tu ?
CYRIL RUHL : Tout à fait, je te laisse proposer à nos spectateurs le premier avant-après de cette saison !
CAMILLE L’HUTEREAU : C’est parti !


CAMILLE L’HUTEREAU : Sur l’image que vous avez sous les yeux, vous pouvez constater l’ouverture d’un « chenal », un bras secondaire qui se met en eau uniquement passé un certain débit et une certaine hauteur d’eau. Celui-ci était encore marqué dans les cailloux du fond du torrent, mais la végétation commençait à y prendre ses aises… C’est le signe qu’il n’a pas été violemment mis en eau depuis quelques années. Ici, notre objectif est de s’assurer que le torrent conserve la possibilité de divaguer dans ses chenaux, sans que ces derniers ne lui opposent trop de freinage. Les arbres et la végétation présents dans ce chenal jouaient le rôle de multiples coups de freins. On a fait le choix de les retirer. Dans le cas où l’Eycharenne ressentirait le besoin d’utiliser son chenal (c’est-à-dire si le torrent entre en crue), alors il rencontrera moins de résistance et de déviation de ses écoulements. De même, les arbres menacés par son flux ne seront pas arrachés et ne participeront pas à un éventuel bouchon, quelque part dans son tracé plus à l’aval, là où les enjeux vont croissant : pâturage, installation agricole, maraîchage, habitations…
ACTE I, scène 3
Travaux & Environnement, Cyril Ruhl & Camille L’HUTEREAU
Il fait beau, la scène se déroule sur la commune de La Faurie et ressemble à la photographie ci-dessous :

TRAVAUX & ENVIRONNEMENT : Bonjour m’sieur dame ! On est en plein travaux d’abatage dirigé ! L’objectif ici, c’est d’éviter de faire tomber un arbre sur une ligne télécom… ou dans le toit d’un riverain ! Pour ça, on met l’arbre en tension du côté où on veut qu’il tombe à l’aide du treuil et des élingues. Quand c’est un peu technique de poser les élingues, c’est le grimpeur de l’équipe qui s’y colle !
CAMILLE L’HUTEREAU : Sacré boulot !
ACTE I, scène 4
Cyril Ruhl & Camille L’Hutereau
Il fait beau mais froid, les deux techniciens remontent avec précaution la Chauranne, une rivière à truites. C’est l’hiver et la saison de fraie est quasiment terminée sur Chauranne, les frayères sont donc bien visibles. Les techniciens les évitent.
CAMILLE L’HUTEREAU : On arrive à l’exutoire de la station d’épuration de La Beaume ! Ça y est, les arbres qu’on avait marqués ont été retirés. Sur ce coup-là, je te laisse le plaisir de faire l’avant-après Cyril !
CYRIL RUHL : Et bien c’est parti, merci bien ! C’est vrai qu’une image vaut mille mots…

CYRIL RUHL : Ici, le rejet de la STEP est tout neuf. Il représente un enjeu essentiel à protéger pour le bon fonctionnement du village de La Beaume. Dans ce cadre, nous avons pris la décision de retirer plusieurs des arbres qui voisinaient avec la zone de rejet. L’idée est d’éviter toute chute d’arbre, toute potentielle accumulation d’embâcle sur les réseaux sortant ou dans les blocs qui les protègent et de pouvoir les surveiller en toute saison depuis la berge. Nous avons choisi de retirer quatre arbres, situé à l’aplomb et à l’amont immédiat de l’enjeu. Ces quatre sujets étaient soit vieillissants, soit situés en pied de berge, très proche de l’eau et donc de phénomènes de sapement éventuels. Cette décision est facilitée par la présence, autour, en aval et en amont, d’une ripisylve dynamique et saine. Les enjeux de faune et de flore sont préservés, tout en s’assurant de l’intégrité de l’ouvrage anthropique. Un bel exemple de cohabitation d’enjeux !
ACTE I, scène 5
Eric Burlet, Cyril Ruhl & Camille L’Hutereau
Les deux techniciens de rivière sont devant un ordinateur avec leur collègue Eric, qui s’occupe du site internet.
ERIC BURLET : Bon, qu’est-ce qu’on en pense de cet article ?
CAMILLE L’HUTEREAU : Je suis pas objective, c’est moi qui l’ai rédigé…
CYRIL RUHL : Franchement, je trouve qu’il manque des trucs…
ERIC BURLET : Vous avez que ça comme photos… ?
CAMILLE L’HUTEREAU : Ah bah non, on en a des tonnes ! Ma galerie de téléphone se résume à des arbres, de l’eau et parfois un peu de soleil sur la neige…
CYRIL RUHL : On ajouterait pas quelques avant-après, sans fioriture, juste pour compléter ? Maintenant qu’on a expliqué notre démarche, je suis sûr que les spectateurs sauront faire les commentaires !
CAMILLE L’HUTEREAU : J’avoue, j’ai déjà un petit dossier prêt avec des illustrations complémentaires…
Eric clique sur plein de boutons et soudain…






