

Depuis 2016, l’Office National des Forêts en partenariat avec le Syndicat Mixte de Gestion Intercommunautaire du Buëch et de ses Affluents, gestionnaire du site Natura 2000, a engagé des actions en faveur de la diversité des paysages et de la fonctionnalité des milieux naturels. C’est ainsi que dans la vallée d’Agnielles, plusieurs mares ont été créées pour préserver la biodiversité du site.
Présentation à deux voix de l’opération.
Forêt domaniale de Durbon : attention patrimoine forestier d’exception !
En France, avec plus de 1.7 millions d’hectares, les forêts domaniales font partie du domaine privé de l’État et sont gérées par l’Office National des Forêts conformément au code forestier. Généralement, ces forêts sont d’anciennes forêts royales, abbatiales ou seigneuriales intégrées au domaine de l’État lors de la Révolution. Avec les autres forêts publiques (notamment communales), elles représentent 25 % de la couverture forestière française, les trois quarts restant étant des forêts privées.

Située au nord-ouest des Hautes-Alpes, la forêt domaniale de Durbon s’étend sur 4 508,45 hectares, répartis entre les communes d’ Aspres-sur-Buëch, Saint-Julien-en-Beauchêne et Veynes. De 820 mètres à 2 368 mètres d’altitude, ce territoire forestier montagnard au relief marqué (64% de la surface présente une pente supérieure à 40%) traverse les étages de végétation supra-méditerranéen, montagnard et subalpin.
Au sein de ce vaste ensemble sylvatique, la vallée d’Agnielles connaît une influence méditerranéenne marquée comme en témoigne la présence d’un matorral arborescent à genévrier thurifère. Cette forêt domaniale est divisée en 187 parcelles forestières, chacune correspondant à des entités de gestion dont les objectifs sont variables selon les peuplements en place (production, protection, environnement, etc.).

La forêt comprend deux ensembles distincts :
- une hêtraie-sapinière héritée des anciennes possessions des moines Chartreux de Durbon ;
- des peuplements issus des opérations de Restauration des Terrains de Montagne (RTM) initiées en 1880 qui façonnent le paysage de la vallée d’Agnielles. Ces boisements sont majoritairement composés de Pin noir d’Autriche, de Mélézin et de quelques recrues naturelles de Pin Sylvestre. Leur objectif est de limiter les risques naturels et de réduire les aléas tels que les glissements de terrain et les avalanches.
Le réseau européen Natura 2000 : plus grand réseau de sites protégés au monde !
Lancé en 1992, le réseau Européen Natura 2000 vise à préserver la biodiversité – espèces végétales, animales et habitats naturels – à l’échelle de l’ensemble du territoire de l’Union Européenne (UE) tout en tenant compte des exigences économiques et sociales locales. Ce programme couvre :
- près de 27 000 sites dans 27 pays représentant plus de 18 % de la superficie de l’UE ;
- en France, 1 756 sites s’étendant sur environ 13 % du territoire terrestre et marin métropolitain.
Dans les Hautes-Alpes, 23 sites Natura 2000 s’étendent de 470 m à 4 102 m d’altitude couvrant plus de 200 000 hectares, soit environ 40 % du département.
Entre lavande et genépi, sur une superficie de plus de 35 000 ha, le site Natura 2000 « Dévoluy – Durbon – Charance – Champsaur » abrite une exceptionnelle variété de milieux naturels et d’espèces patrimoniales. Ce massif karstique d’altitude des Préalpes accueille plus de 25% de la flore française et possède les plus vastes complexes d’éboulis calcaires de France.
Contrat Natura 2000 : création de mares forestières
Depuis 2016, l’Office National des Forêts en partenariat avec le Syndicat Mixte de Gestion Intercommunautaire du Buëch et de ses Affluents, gestionnaire du site Natura 2000, a engagé des actions en faveur de la diversité des paysages et de la fonctionnalité des milieux naturels.

Dans ce contexte, un réseau de mares forestières a été développé afin de participer à la conservation des 24 espèces de chauve-souris recensées dans le site Natura 2000 « Dévoluy – Durbon – Charance – Champsaur » sur les 36 présentes en métropole. Ces mares constituent des territoires de chasse privilégiés pour ces espèces protégées.

Face à la disparition de 50% des zones humides françaises au XXe siècle et aux effets des changements climatiques, ces actions contribuent également à la préservation d’espèces inféodées aux zones humides telles que les amphibiens, les odonates (libellules), etc.
En 2021, de nouvelles mares ont été creusées dans la vallée d’Agnielles dans le cadre d’un contrat Natura 2000 financé par les Fonds Européens Agricoles pour le Développement Rural. Le coût total de l’opération s’élève à 21 329,17€ répartis entre l’Union Européenne (53 %) : 11 304,46€ et la Région PACA (47%) : 10 024,71€.

Dans ce secteur du Bochaîne où le taux de boisement atteint 65 % (plus fort taux de boisement des Hautes-Alpes), ces aménagements structurants favorisent la création d’une mosaïque d’habitats naturels propices au maintien et au développement d’espèces protégées.



