L’évolution du paysage du Buëch en un siècle

Les paysages de la vallée du Buëch ont évolué en un siècle, c’est une évidence. Mais nous rendons-nous compte à quel point cette évolution est importante ? Qui se rappelle qu’à la sortie du XIXe siècle, marqué par une occupation maximale du territoire et le défrichement des boisements qui l’accompagne, renforcé par des crues exceptionnelles, les versants sont largement déboisés ? Ceci est vrai tant dans la vallée du Buëch que pour le reste des Alpes françaises.
Nous vous invitons à un voyage dans le temps, pour mesurer l’ampleur du changement des paysages du Buëch en un siècle.

Le petit Buëch vu depuis la Roche des Arnauds

Un voyage dans le temps et le paysage, d’un siècle à l’autre

Les photos ont été prises depuis la rive gauche du petit Buëch en amont de la traversée de la route départementale. Le cliché initial date du début du XXe siècle, le second cliché de 2021.

Cliquez sur les images pour les afficher en plein écran.

L’action de la RTM (restauration des terrains de montagne, service de l’ONF), créé en 1860, commence à peine à se faire sentir. Les versants sont peu boisés, le lit de la rivière est nu, les versants érodées.

Le village de la Roche vit de l’activité agricole. De nombreuses parcelles sont visibles en rive droite du Buëch (droite de l’image). Des protections de berge ont été construites à leur extrémité (blocs visibles à l’image).

Une activité de glacière s’est également développée sur les bords du Buëch. Les champs à l’avant plan du grand bâtiment étaient inondés en hiver. L’eau gelait puis était découpée avant d’être stockée dans le bâtiment. Les blocs de glace obtenus étaient ensuite transporté à Gap et dans le sud en été pour rafraîchir les boissons servies par les restaurateurs ou conserver les aliments.

Le bâtiment du moulin est également visible sur l’image et était en fonctionnement à l’époque.

Le Buëch occupait un large lit sans végétation. La végétation est peu présente. De nombreuses zones sont à nu et aucun iscle végétalisé n’apparaît sur le cliché.

Mais la rive gauche porte les traces des érosions induites par cette contrainte. A gauche de l’image, la berge est ravinée et très abrupte. Le terrain semble avoir été érodé par le cours d’eau.

Les digues installées contraignait localement ses divagations. Le pont sur le Buëch est bien visible et permettait le passage de la route entre Veynes et Gap.

Un siècle plus tard, les versant sont reboisés, les activités ont évolué ainsi que l’urbanisation, sous la poussée démographique du début du XXIe siècle.

Le village s’est étendu. De nombreuses maisons sont aujourd’hui visibles et de nouveaux quartiers ont vu le jour. Les abords de la route nationale, les habitations de la Plaine et la zone des Iscles sont bien visibles.

La zone d’activités des Iscles, la carrière et la présence d’une zone de dépôt des ordures montrent un changement des habitudes et des activités humaines et marquent le paysage.
Les bâtiments du moulin et des glacières sont toujours visibles mais n’assurent plus les mêmes activités et sont utilisés à présent comme lieu de résidence. Les protections de berge à proximité sont toujours en place.

La route nationale occupe une emprise bien plus large et est désormais clairement visible dans le paysage. Le pont, lui, n’est plus visible à l’écran du fait de la végétation.

La végétation couvre une grande part du paysage ! L’action du RTM a porté ses fruits. L’érosion en rive gauche et le pont de la nationale ne sont plus visibles du tout.

Le lit du Buëch semble avoir rétrécit. La ripisylve s’est développée et occupe une grande partie du lit du cours d’eau.

En arrière plan, les versants sont aujourd’hui largement boisés.

Retour en haut